World Water Day, Ethos, Watercone…


Tiens! ce samedi 22 Mars est déclaré Journée Mondiale de l’Eau, initiative lancée par les Nations Unies en 1992 afin d’attirer l’attention chaque année sur les problèmes relatifs à l’usage de l’eau dans le monde. C’est que la répartition et la demande d’eau potable dans le monde deviennent un problème grandissant d’année en année.

Claude Allègre, dans son livre Ma Vérité sur la Planète, et dont je recommande d’ailleurs la lecture, désigne ce problème, comme étant le problème présent numéro un, problème bien pire d’après lui que le réchauffement climatique (page 54) et qui pourrait être réglé en partie par l’utilisation massive de cultures OGM, beaucoup moins gourmandes en eau. Je serais bien tenté de le croire. J’en profite aussi pour signaler les commentaires une étoile sur le site amazon.fr à propos de ce livre: ils sont à mourir de rire (en particulier deux d’entre eux, d’un certain VINGURA et un autre de Bru38) et montrent bien que ces gens n’ont soit pas lu le livre, soit ne l’ont pas compris ! Ou alors peut-être sont-ils tout simplement des profs aigris et qui se vengent ainsi de celui qui fut leur ancien ministre ? Aussi sur les 19 évaluations du livre toutes sauf une sont des évaluations à soit 5 étoiles ou soit à 1 étoile… Il est vrai que les internautes, qui plus est sous couvert de l’anonymat, font très rarement dans la demi-mesure…

Bon, revenons à cette Journée Mondiale de l’eau, et je voudrais présenter deux entreprises qui, théoriquement, ont un but commun: faciliter l’accès à l’eau potable, mais dont les philosophies sont diamétralement opposées. En quelque sorte, j’estime que l’une est un mauvais exemple, et l’autre un exemple à suivre…

Le mauvais exemple: Ethos et ses bouteilles d’eau d’un litre vendues en Amérique du Nord dans les enseignes Starbucks au prix de $ 1.80. Pour ce prix, une fraction est donnée à des ONG qui travaillent à l’amélioration de l’accès à l’eau potable dans des pays sous-développés. Le but avoué de Starbucks est de lever 10 millions de dollars en donation d’ici à 2010. Le problème c’est que sur les $ 1.80 du prix de vente, seul $ 0.05 va à la donation. Premier reproche: cette pratique ressemble beaucoup à une opération marketing déguisée sous de fausses bonnes intentions humanitaires. Deuxième reproche: vendre de l’eau en bouteille pour résoudre un problème lié à l’eau.

En effet, c’est un peu comme si un vendeur de voiture vendait des Hummer, et offrait une partie du chiffre d’affaires généré par ses ventes à des associations luttant contre la pollution tout en prétendant qu’en roulant en Hummer, le client contribue à préserver l’environnement. Bref, c’est légèrement se moquer du monde… Attention, j’aime l’eau minérale, la vraie, c’est simplement qu’ici aux Etats-Unis l’offre est très limitée par rapport à ce qu’on peut trouver en France. Ethos, tout comme Dasani de chez Coca-Cola, ou Aquafina de chez Pepsi n’est tout simplement que de l’eau du robinet mise dans des bouteilles stylisées, c’est-à-dire un vrai gâchis environnemental, économique et énergétique…mais un gâchis fort lucratif par ailleurs!

Le second exemple, c’est le projet Watercone. Ce projet, c’est mon interprétation, vise justement à remplacer la bouteille d’eau dans les pays en voie de développement… et pourquoi pas aussi dans les pays riches ?

watercone.jpg

Le Watercone permet de produire, par distillation solaire, 1.6 litre d’eau potable à partir d’eau salée ou d’eau saumâtre. Voici comment. L’eau non potable doit être versée dans une cuvette sur laquelle on pose ensuite le Watercone. La couleur noire de la cuvette absorbe plus vite les rayons du soleil et accélère l’évaporation de l’eau qui se condense sur les parois internes du Watercone, puis qui coule et se déverse dans une rigole interne à la base du Watercone. Une fois l’évaporation terminée, pour récupérer l’eau potable, il suffit de dévisser le bouchon situé au sommet du cône, de tourner délicatement le Watercone pour transvaser le précieux liquide ainsi récupéré dans un récipient. Le Watercone peut aussi être utilisé sans sa cuvette, en le posant directement sur un sol humide, voire même sur une mare.

Le principe est ancestral, c’est même un des moyens de récuperer de l’eau en plein désert:

Ce qui parait intéressant dans ce projet, c’est l’effort de pré-industrialisation d’un objet robuste, peu coûteux, simple et facile d’emploi. Le Watercone est fait d’un polycarbonate souple, à mémoire, incassable, insensible aux rayons UV et donc transportable sans trop de précaution. Produit en masse le Watercone pourrait coûter dans les 20 Euros avec une durée de vie d’environ 3 à 5 ans. S’il se substitue à l’achat d’eau en bouteille, il peut être ainsi très vite rentabilisé. Contrairement à d’autres dessalinisateurs ou purificateurs, le plus souvent complexes, fragiles, électriques, électroniques ou à filtres, le Watercone est low-tech et utilise une énergie inépuisable (je préfère ce mot au mot renouvelable): l’énergie solaire.

Pour conclure il est intéressant de remarquer qu’Ethos, qui génère plusieurs millions de dollars de revenus de son fonds de commerce, à mon avis en désaccord complet avec l’esprit de la Journée Mondiale de l’Eau en est un des promoteurs en Amérique du Nord. Watercone est lui, un projet qui a vu le jour en 2002 mais qui à ce jour est toujours à la recherche d’entreprises et d’investisseurs afin de produire et de distribuer en masse son produit…

Liens d’intérêts, dans lesquels j’ai puisé mes sources (sans jeux de mots) pour cet article :

Le site officiel de la Journée Mondiale de l’Eau.

Le site pub d’Ethos pour la Journée Mondiale de l’Eau.

la Journée Mondiale de l’Eau sur Wikipedia.

Le site du projet Watercone.

Ethos, la page chez Starbucks.

Ethos Water chez Wikipedia.

Un site sur entre autres la distillation solaire.

19/03/08: Article publié sur Naturavox.
Rédacteur Agoravox

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Commentaires

Passionnant article, merci.
Le livre de Monsieur Allègre semble, en effet, intéressant.
Je vais l’indiquer à mon beau-papa qui est viticulteur. Il est en faveur des OGM, contrairement au courant médiatique actuel. Son raisonnement est simple, il analyse cette prouesse comme une avancée, comme il y en a tant eu et qui ont toujours été décriées.